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Les déchets destinés à Cigéo : des déchets qui resteront dangereux très longtemps

Les déchets destinés à Cigéo sont des déchets ayant des durées de vie très longues et une activité élevée. Il s'agit de déchets français, principalement issus de l'industrie électronucléaire, dont la moitié environ est déjà produite. L’Andra doit également démontrer que Cigéo pourra s’adapter aux différents scenarii de politique énergétique (arrêt du nucléaire, prolongement de la durée de vie des centrales).

Des déchets français provenant principalement de l’industrie électronucléaire

Les déchets dits de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL) se caractérisent par leur durée de vie longue (plusieurs centaines de milliers d’années) et leur activité élevée. Ils proviennent principalement du secteur de l’industrie électronucléaire et des activités de recherche associées, ainsi que, dans une moindre part, des activités liées à la force de dissuasion et à la propulsion navale nucléaire menées par le CEA. Il s’agit de déchets français, la loi française interdisant le stockage en France de déchets radioactifs étrangers.

Le saviez-vous ?

Les déchets de haute activité (HA) sont principalement produits par le traitement des combustibles usés des centrales nucléaires. Ils sont incorporés à une pâte de verre en fusion puis coulés dans un colis en inox. Les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) sont plus variés. Ils correspondent aux structures métalliques qui entourent le combustible ou aux résidus liés au fonctionnement des installations nucléaires. Ils sont conditionnés dans des colis métalliques ou en béton.

Rapportés à l’ensemble des déchets radioactifs, les déchets HA et MA-VL représentent un volume limité (de l’ordre de 3 % du volume des déchets radioactifs existants) et concentrent la quasi-totalité de la radioactivité (plus de 99 %).

Le projet Cigéo est prévu pour accueillir l’ensemble des déchets de haute et moyenne activité à vie longue (HA et MA-VL) déjà produits et qui seront produits par les installations nucléaires existantes (centrales nucléaires, centres de recherche...), ou par les installations nucléaires autorisés (EPR de Flamanville, ITER, réacteur expérimental Jules-Horowitz), avec l’hypothèse d’une durée de fonctionnement des réacteurs d'environ 50 ans.

Cela représente de l’ordre de 10 000 m³ de déchets HA et 75 000 m³ de déchets MA-VL, soit environ 85 000 m³ de déchets radioactifs au total. 

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des MA-VL sont déja produits

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des HA sont déjà produits

Colis primaire de déchets de haute activité (HA)

Dans l’attente de la mise en service de Cigéo, les colis de déchets HA et MA-VL déjà produits sont provisoirement entreposés dans des bâtiments sur leur site de production, principalement à La Hague (Manche), Marcoule (Gard), Cadarache (Bouches-du-Rhône) et, pour un volume limité, à Valduc (Côte-d’Or). Si Cigéo est autorisé, les colis de déchets seront transférés vers le centre de stockage au fur et à mesure de son exploitation. Certains déchets, notamment les déchets HA qui dégagent de la chaleur, devront tout de même rester entreposés plusieurs dizaines d’années dans ces entrepôts pour permettre leur refroidissement avant de pouvoir être stockés définitivement dans Cigéo.

Cigéo pourra s'adapter à différents scenarii de politique énergétique

L’Andra doit démontrer que Cigéo pourra s’adapter à différents scenarii de politique énergétique. Cigéo se développera progressivement, ce qui permet de ne pas tout verrouiller dès le départ :

  • Si la France fait le choix d’arrêter de retraiter le combustible usé ou d’arrêter le nucléaire après 50 ans de fonctionnement des réacteurs (ce qui implique également d’arrêter de retraiter les combustibles usés), Cigéo devra pouvoir stocker les combustibles usés (qui sont aujourd'hui considérés comme des matières valorisables et qui seraient alors considérés comme des déchets).
  • Si le choix est fait de prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs actuels, cela produira davantage de déchets HA et MA-VL qui devront pouvoir être stockés dans Cigéo.

Dans ces deux cas, les déchets qui seraient induits (davantage de HA et MA-VL et combustibles usés requalifiés en déchets) sont compris dans « l’inventaire de réserve » de Cigéo. Pour cela, l’Andra mène des études dites d’adaptabilité qui permettent de s’assurer qu’il serait techniquement possible de les stocker en toute sûreté.

Concernant le stockage des combustibles usés, les premières études ont été menées et les résultats ont été présentés dans le dossier 2005 afin d’en démontrer la faisabilité. C’est pour cela qu’ont été développés des démonstrateurs de conteneurs de stockage dédiés aux combustibles usés et un démonstrateur échelle 1 des équipements de manutention de ces conteneurs. Ces études se poursuivent et il en sera fait état dans la demande d’autorisation de création afin de démontrer que, du point de vue de la sûreté et de l’impact sur l’homme et l’environnement, il est possible de stocker les combustibles usés dans Cigéo.

En revanche, si la France faisait le choix de construire un nouveau parc nucléaire, les déchets qui en résulteraient ne sont pas prévus dans Cigéo. Le choix de renouveler le parc nucléaire ferait l’objet d’un processus d’autorisation qui, dès le départ, inclurait la question d’une solution de gestion pour ses déchets radioactifs.

Les matières valorisables

Les matières valorisables sont des substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement.

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