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Une vaste campagne de forages pour mieux comprendre l’hydrogéologie des Calcaires du Barrois

Dans le cadre du DR0, une nouvelle campagne de forages hydrogéologiques est lancée sur un secteur large de 1 200 km². De vastes opérations visant à mieux comprendre les nappes d’eau souterraines dans les Calcaires du Barrois et amorcer leur surveillance.

Les foreuses ont commencé leur mission le 21 janvier 2026.

Dans le cadre des études préalables au projet Cigéo, une nouvelle campagne prévoyant une centaine de forages hydrogéologiques démarre à la mi-janvier 2026. Ces travaux, qui s’intègrent dans l’ensemble des opérations dites « DR0 » visant à caractériser et à surveiller l’environnement autour du futur site d’implantation de Cigéo, ont pour objectif d’améliorer la connaissance du fonctionnement et d’élargir le suivi des aquifères (nappes d’eau souterraines) des Calcaires du Barrois, une formation géologique majeure du territoire sur laquelle seront construites les installations de surface de Cigéo.

Une campagne d’envergure inédite

À y regarder de plus près, il s’agit même de la campagne de forages la plus importante menée à ce jour, en nombre de forages et en étendue avec une aire d’étude d’environ 1 200 km², principalement vers le nord de la zone d’étude. Les premiers travaux ont débuté le 13 janvier 2026, avec le déploiement échelonné et la mise en service progressive de quatre machines de forage d’environ 7 mètres de hauteur, pouvant intervenir simultanément. Les profondeurs des forages varieront de quelques mètres jusqu’à 195 mètres maximum.

La campagne s’étendra sur une durée estimée entre 15 et 18 mois, et courra donc jusqu’en 2027.

Des forages dédiés à l’hydrogéologie

Les forages hydrogéologiques réalisés sont exclusivement des piézomètres, c’est-à-dire des ouvrages instrumentés permettant de mesurer les niveaux d’eau souterraine et d’en suivre l’évolution dans le temps. 

Cette campagne, baptisée CFB et pilotée par Céline Righini (DISTEC), vise à mieux caractériser le fonctionnement hydrogéologique des Calcaires du Barrois, notamment comprendre comment les trois aquifères, situés à des profondeurs variables, communiquent entre eux.

Ainsi, la disposition des forages a été pensée pour mailler finement le territoire et tenir compte des particularités géologiques, notamment la présence d’un synclinal, un pli géologique situé au nord de la zone d’étude. Des forages sont ainsi implantés à la fois de part et d’autre de cette structure.

De manière générale, ces forages sont répartis sur 33 plateformes, chacune accueillant un à trois forages, selon la présence d’un, de deux ou des trois aquifères à des profondeurs différentes. Au total, 71 forages CFB sont prévus.

Un trépan est l'outil placé à l'extrémité de la foreuse et qui va transpercer le sol et permettre de progresser.

Une distinction claire avec d’autres campagnes

Les opérations DR0 intègrent également des forages hydrologiques réalisés sur le bois Lejuc, dans le cadre d’une autre campagne, nommée CFG, et pour laquelle des mesures géotechniques ont été réalisées. Afin d’éviter toute confusion, les forages hydrogéologiques associés à cette deuxième campagne ont été baptisés CFGH (H pour hydrogéologique).

Les 31 forages CFGH se répartissent entre :

  • la future zone puits de Cigéo ;

  • la liaison intersites (LIS) ;

  • et l’installation terminale embranchée (ITE).

Un objectif scientifique et environnemental

L’ensemble des données collectées permettra d’améliorer la modélisation hydrogéologique des Calcaires du Barrois pour différents besoins du projet Cigéo relatifs à la gestion des eaux souterraines et de surface. La mise à jour des modèles et leur amélioration constitueront ainsi de nouvelles bases de référence pour les futures études de conception des installations de surface en zone descenderie et pour l’évaluation et le suivi des impacts potentiels des travaux de construction de Cigéo.

Ces aquifères étant exploités pour la production d’eau potable, ces caractérisations et leur intégration dans des modèles hydrogéologiques visent à s’assurer que les ressources en eau, l’environnement et les usages humains seront préservés lors de l’implantation de Cigéo. Les piézomètres réalisés pendant cette campagne participeront également à la surveillance des eaux souterraines aux alentours de Cigéo. 

Les Calcaires du Barrois : une formation géologique majeure du territoire

Les Calcaires du Barrois constituent une formation géologique datant du Jurassique moyen, déposée il y a environ 150 millions d’années, à une époque où la région était recouverte par une mer peu profonde. Ces calcaires se sont formés par l’accumulation de sédiments carbonatés d’origine marine, aujourd’hui consolidés en roches calcaires.

Ils affleurent sur une vaste partie de l’est du Bassin parisien et s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres carrés, notamment dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Leur épaisseur peut atteindre plusieurs centaines de mètres.

Du point de vue hydrogéologique, les Calcaires du Barrois constituent un ensemble aquifère majeur, exploité localement pour la production d’eau potable. La compréhension fine de cette formation est donc un enjeu essentiel, tant pour la gestion durable de la ressource en eau que pour l’évaluation des projets d’aménagement du territoire.