Au chevet des arbres menacés
Après avoir contribué au retour du cormier dans les paysages meusiens, l’Association cormier fruitier forestier (AC2F) s’intéresse au cyprès chauve pour remplacer le frêne dans certains milieux humides. L’Andra soutient cette démarche de préservation des espèces d’arbres fragilisées depuis 2009.
L’association AC2F est née de la volonté d’un horticulteur et sylviculteur passionné, Fabrice Varinot, déterminé à redonner vie à un arbre en danger. « Le cormier a été implanté en Gaule par les Romains qui utilisaient ses fruits pour produire une farine destinée aux chevaux et aux troupes militaires, explique le président fondateur de l’association. Petit à petit, il s’est effacé de nos paysages jusqu’à faire partie des espèces en voie de disparition. » Après plus de quinze ans d’engagement de l’AC2F, le cormier a été réintroduit dans le territoire meusien et n’est plus considéré comme une essence menacée.
Après cette première victoire, l’association poursuit sur sa lancée. « Nous avons décidé de nous focaliser sur le frêne, attaqué par un champignon, indique Fabrice Varinot. Les arbres morts peuvent s’effondrer sur les routes ou obstruer les cours d’eau. » Mais par quoi le remplacer ? Par le cyprès de Louisiane, surnommé « cyprès chauve ». Introduit depuis près de quatre siècles en Europe, ce dernier affectionne particulièrement les milieux humides.
Une expérimentation soutenue par l’Andra
Un projet pilote est mené à Rancourt-sur-Ornain en partenariat avec le groupement forestier de l’Aiprouer, l’Institut pour le développement forestier et l’Andra. « Nous avons planté 50 arbres cet hiver et nous allons en replanter autant cet automne, annonce Fabrice Varinot. Si l’expérimentation est concluante, nous pourrons promouvoir cette essence. »
Le cyprès de Louisiane pourrait ainsi prendre le relais des frênes dépérissants dans les ripisylves (voir encadré) et contribuer au maintien de milieux favorables à la biodiversité. « On peut même envisager de le planter dans des peupleraies ou dans des zones fragiles », ajoute Fabrice Varinot. Autre atout : il produit un bois d’œuvre très dur, qui ne nécessite pas de traitement et peut donc être employé pour du mobilier urbain, du bardage, etc.
Vous avez dit "ripisylves" ?
La ripisylve désigne les boisements qui bordent les cours d’eau. Leurs systèmes racinaires contribuent à stabiliser les berges, à filtrer une partie des éléments présents dans l’eau et à offrir des habitats à de nombreuses espèces. Bien que longtemps planté dans ces zones, le frêne n’est pas particulièrement adapté à ces milieux humides… contrairement au cyprès de Louisiane !