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À chaque déchet sa filière !

La médecine nucléaire s’appuie sur les propriétés de la radioactivité pour réaliser des images qui servent au diagnostic ou pour détruire, par irradiation, des cellules cancéreuses. Selon leurs caractéristiques, les déchets produits ont un devenir différent.

Bacs contenant les déchets journaliers issus des traitements à l’iode 131 entreposés dans un local réfrigéré pendant leur décroissance. Service de médecine nucléaire, hôpital d’adultes de Brabois, CHU de Nancy

Les installations de médecine nucléaire sont soumises à une autorisation délivrée par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) et doivent se doter d’un plan de gestion des déchets et des effluents radioactifs qui détaille les sources radioactives qu’elles utilisent, les mesures mises en oeuvre pour gérer leurs déchets et effluents radioactifs (fioles, seringues, gants et matières biologiques, etc.) et, le cas échéant, leur filière d’évacuation. Tous ces déchets doivent être déclarés à l’Andra, qui en recense les volumes et les localisations dans son Inventaire national des matières et déchets radioactifs.

Des déchets à vie très courte

En quasi-totalité, les radionucléides utilisés en médecine nucléaire ont des périodes de radioactivité très courtes, inférieures à cent jours. Ces déchets sont conditionnés dans des emballages adaptés et entreposés sur place dans des locaux dédiés ou dans des cuves spécifiques (urines de patients exposés aux rayonnements, par exemple). Ils sont conservés le temps nécessaire à leur décroissance radioactive. Ce délai est supérieur ou égal à dix fois la période la plus longue des radionucléides présents, soit un peu moins de trois ans. Passé ce délai, ils ne sont plus considérés comme déchets radioactifs et peuvent être évacués vers une filière de gestion adaptée.

Au-delà de cent jours

Dès que les radionucléides ont une période de plus de cent jours, les déchets sont pris en charge par l’Andra selon les spécifications du Guide d’enlèvement des déchets radioactifs. La caractérisation et le conditionnement des déchets sont à la charge du producteur. L’Andra en assure la collecte et le transport vers le Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) dans l’Aube, où ils sont regroupés et triés. Avant leur stockage, les déchets peuvent être traités au Cires ou sur une installation externe spécialisée, par exemple pour y être incinérés. Selon leur nature, les colis de déchets sont orientés vers la filière de gestion adaptée : le Centre de stockage de l’Aube s’il s’agit de déchets de faible et moyenne activité, principalement à vie courte, ou le Cires pour les déchets de faible activité à vie longue (entreposage provisoire) ou de très faible activité (stockage). À fin 2024, les déchets radioactifs médicaux stockés ou destinés à être stockés dans les centres de l’Andra représentaient un volume d’environ 8 560 m3, soit approximativement 0,5 % du volume total des déchets radioactifs.

 

Un guide d'enlèvement

Ce guide s’adresse aux producteurs et détenteurs de déchets radioactifs (hôpitaux, universités, laboratoires de recherche, industries, récupérateurs de paratonnerres radioactifs, etc.) hors secteur électronucléaire. Il précise les spécifications techniques pour leur traitement et leur stockage par l’Andra.