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Déchets MA-VL : six questions pour comprendre leur gestion

Les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) représentent 2,3 % du volume des déchets radioactifs en France et concentrent près de 3 % de la radioactivité. Issus principalement des activités électronucléaires, ils sont aujourd’hui entreposés provisoirement dans des installations dédiées. À terme, ils sont destinés au stockage géologique profond, dans Cigéo. Six questions pour mieux comprendre leur origine, leur prise en charge et leur gestion à long terme.

Que sont les déchets MA-VL ?

Les déchets MA-VL contiennent une quantité importante de radionucléides dont la période radioactive est supérieure à trente et un ans et peut, pour certains, atteindre plusieurs centaines de milliers d’années (voir encadré).

Leur niveau d’activité radiologique est généralement compris entre un million et un milliard de becquerels par gramme (voir encadré). À titre de comparaison, l’activité moyenne des déchets de très faible activité (TFA) est généralement inférieure à 100 becquerels par gramme, tandis que celle des déchets de haute activité (HA) dépasse plusieurs milliards de becquerels par gramme.

 

 

Deux notions pour comprendre les déchets MA-VL

La période radioactive, aussi appelée « demi-vie », est le temps nécessaire pour que l’activité d’un radionucléide soit divisée par deux. Les déchets sont dits « à vie longue » lorsqu’ils contiennent une quantité importante de radionucléides dont la période radioactive dépasse trente et un ans.

Le becquerel (Bq) est l’unité de mesure de l’activité radioactive. Un becquerel correspond à une désintégration d’un noyau atomique par seconde. Si l’on compare une source radioactive à un pommier, son activité correspond au nombre de pommes qui tombent chaque seconde.

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D’où viennent-ils ?

Ces déchets sont principalement produits par l’industrie électronucléaire.

Une grande partie est issue du recyclage des combustibles nucléaires usés. Il s’agit notamment des structures métalliques des assemblages de combustible, appelées « coques et embouts ». Ils peuvent également provenir du fonctionnement, des opérations de maintenance ou de démantèlement des installations nucléaires, du traitement des effluents liquides ou de composants activés ayant séjourné au cœur des réacteurs.

Coques (MA-VL) issues des gaines en alliage de zirconium qui entourent les pastilles de combustible nucléaire.
©Orano

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Comment sont-ils gérés actuellement ?

Selon l’Inventaire national des matières et déchets radioactifs, le volume de déchets MA-VL déjà produit s’élevait fin 2024 à 35 500 m3. Leur conditionnement dépend de leur nature. Certains déchets métalliques sont compactés, d’autres sont immobilisés dans une matrice, par exemple du ciment ou du bitume. Ils sont ensuite placés dans des colis métalliques ou en béton.

Aujourd’hui, les colis de déchets MA-VL sont entreposés temporairement sur les sites de leurs producteurs ou dans des installations dédiées, principalement sur le site d’Orano à La Hague, du CEA à Marcoule et à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Depuis 2020, l’Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés (ICEDA) d’EDF, sur le site de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), centralise les déchets MA-VL provenant des centrales nucléaires en exploitation ou en démantèlement.

Ces installations sont conçues pour entreposer les déchets radioactifs dans des conditions sûres, mais elles doivent être surveillées, entretenues et, le cas échéant, au regard de leur durée de vie, renouvelées. L’entreposage constitue donc une solution temporaire, et non une solution de gestion définitive.

Usine d'Orano la Hague où est entreposée une partie des colis de déchets MA-VL.
©Cyril Crespeau/Orano
Installation de conditionnement et d'entreposage de déchets activés (ICEDA) où est entreposée une partie des colis de déchets MA-VL.
©Patrick Naslès/Audiance/EDF

Quelle solution est prévue pour leur gestion définitive ?

En France, la loi prévoit que les déchets radioactifs qui ne peuvent être stockés en surface ou à faible profondeur, en raison de leur durée de vie, soient stockés en couche géologique profonde. C’est le projet Cigéo, porté par l’Andra, qui doit accueillir les déchets HA et MA-VL.

Son implantation est prévue à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne. Les déchets seront stockés à 500 mètres sous terre dans une couche d’argile vieille de 160 millions d’années, stable et très peu perméable. Sur le très long terme, une fois le stockage fermé, la roche fera office de barrière naturelle pour assurer la protection des personnes et de l’environnement sans dépendre d’intervention ou de surveillance humaine.

Maquette de conteneur de stockage de colis de déchets MA-VL.
Démonstrateurs de conteneur de stockage de colis déchets MA-VL

Comment seront-ils stockés ?

Cigéo est conçu sur la base d’un inventaire de référence comprenant les déchets produits ou à produire qui résultent du fonctionnement puis du démantèlement des installations nucléaires existantes ou déjà autorisées en 2016. Cet inventaire s’élève à 83 000 m3, dont 73 000 m3 de déchets MA-VL.

À leur arrivée dans Cigéo, les colis de déchets MA-VL feront l’objet d’un contrôle avant d’être placés, si besoin, dans des conteneurs de stockage en béton ou en acier. Ils seront ensuite acheminés jusqu’à l’installation souterraine, via un funiculaire, avant d’être stockés dans des tunnels horizontaux, appelés « alvéoles », de près de 10 mètres de diamètre et jusqu’à 500 mètres de longueur.

Représentation 3D d'une alvéole de stockage MA-VL
Représentation 3D d'une alvéole de stockage MA-VL
Fresque représentant le concept d'alvéole de stockage MA-VL à l'échelle 1
Premier démonstrateur à diamètre réel d’une alvéole de stockage MA-VL au Laboratoire souterrain de l'Andra

Quelles sont les prochaines étapes ?

Si le projet Cigéo est autorisé, le creusement des premières alvéoles de stockage MA-VL pourrait avoir lieu à l’horizon 2040, au cours de la phase industrielle pilote destinée notamment à conforter la démonstration de sûreté et les conditions d’exploitation du stockage. Sous réserve des autorisations nécessaires, la réception et la mise en stockage des premiers colis MA-VL pourraient débuter à l’horizon 2050.

Dans l’intervalle, l’entreposage des déchets MA-VL se poursuivra sur les sites des producteurs. Les installations existantes devront être entretenues et, lorsque nécessaire, rénovées ou complétées. Certains déchets anciens devront également être repris et conditionnés afin de permettre leur prise en charge dans Cigéo.

 

 

Le cas particulier des déchets bituminés

Une partie des déchets MA-VL est constituée de boues radioactives enrobées dans du bitume, afin d’immobiliser les substances radioactives, puis conditionnées dans des fûts en acier.

Leur composition chimique nécessite une attention particulière. Sous l’effet d’un échauffement important, certaines réactions chimiques entre les composants des déchets peuvent dégager de la chaleur et, dans des conditions extrêmes, provoquer un emballement thermique.

Les études se poursuivent afin de démontrer que ces déchets pourront être pris en charge et stockés dans des conditions de sûreté satisfaisantes. Deux voies sont notamment examinées : d’un côté, un traitement préalable destiné à neutraliser leur réactivité chimique ; de l’autre, leur stockage en l’état, dans des conteneurs renforcés et des alvéoles dédiées comportant des moyens de détection et d’intervention.

Dans son avis sur la demande d’autorisation de création de Cigéo, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection considère que les dispositions prévues par l’Andra sont pertinentes. Elle demande toutefois de compléter la démonstration de sûreté en étudiant, au titre de la défense en profondeur*, les conséquences d’un scénario extrême dans lequel un incendie se propagerait à plusieurs colis malgré les dispositions de prévention et d’intervention prévues.
 

 
* Principe de sûreté consistant à mettre en place des dispositions de protection multiples et indépendantes les unes des autres face à un même risque.

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Les déchets de très faible activité Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte Les déches de faible activité à vie longue Les déchets de haute activité