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Emilia Huret, une géologue à la tête du CMHM

Cheffe du Centre de Meuse/Haute-Marne depuis octobre 2021, à la tête d’une équipe d’une centaine de personnes, Emilia Huret n’a pas oublié sa formation de géologue, comme en témoignent les cailloux qui décorent son bureau. Retour sur un parcours entre science, gestion de projet et management.

Passionnée de géologie depuis son enfance à La Réunion, Emilia Huret connaît bien la roche argileuse qui entoure le Laboratoire souterrain de Meuse/Haute-Marne et dans laquelle sera creusé Cigéo, le centre de stockage géologique des déchets radioactifs les plus dangereux. Car c’est à l’Andra qu’elle a fait sa thèse, au cours de laquelle elle a montré, en étudiant les cycles climatiques, qu’il n’y avait pas de discontinuités risquant d’altérer les propriétés du Callovo-Oxfordien. Ses travaux ont également permis de préciser la durée de l’époque géologique au cours de laquelle cette couche d’argile s’est formée, un résultat scientifique reconnu internationalement.

De Baltimore au Laboratoire souterrain

Après un passage aux États-Unis pour un poste à l’université de Baltimore pendant dix-huit mois, elle est recrutée par l’Andra en tant qu’ingénieure géologue en 2008. « Même si la recherche fondamentale m’intéressait, j’ai toujours été attirée par les disciplines appliquées. D’ailleurs, j’avais fait un double cursus en géologie et en géotechnique. »

Elle continue à étudier la variabilité des propriétés du Callovo-Oxfordien avec une approche plus intégrée qui combine de nombreux paramètres : perméabilité, minéralogie, porosité, conductivité thermique… De 2013 à 2016, elle fait ses armes en gestion de projet en pilotant les campagnes d’investigation et les travaux de recherche associés sur un site potentiel dans l’Aube étudié pour le stockage des déchets de faible activité à vie longue. 

Elle change de poste en 2018 afin de superviser la mise en œuvre des expérimentations scientifiques et technologiques au Laboratoire souterrain. Elle chapeaute aussi le développement et l’adaptation de toutes sortes de capteurs destinés à assurer la surveillance de Cigéo, ainsi que le traitement des données acquises. « J’y ai développé des compétences en informatique et en traitement des données. Je me suis également beaucoup investie dans l’organisation et la programmation des expérimentations scientifiques afin de répondre au mieux aux enjeux du projet, dans ce milieu souterrain exceptionnel. »

Une manager qui n’oublie pas le fond

Désormais cheffe du CMHM, Emilia Huret passe beaucoup de temps en réunion, à l’écoute de ses collaborateurs : Il faut concevoir les extensions du Laboratoire souterrain pour installer les futures expérimentations, gérer les contrats de creusement des galeries et de constructions de nouvelles installations sur le site (comme par exemple l’Eclipse, le nouveau bâtiment d’accueil des prestataires), assurer le bon fonctionnement de toutes les installations et superviser leur maintenance, le tout dans des conditions de sécurité drastiques. « La vie quotidienne d’une installation opérationnelle telle que le CMHM implique une bonne dose de pragmatisme pour accompagner au mieux la prise de décision. Mes qualités de scientifique m’aident à prendre du recul, à observer et à poser un regard neuf sur les enjeux. »

Même si elle occupe aujourd’hui un poste de management, Emilia Huret n’oublie pas la géologie qui la passionne toujours autant. Elle siège au conseil scientifique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) quand elle ne passe pas ses week-ends ou ses vacances à s’émerveiller devant les formations géologiques.

Science, sureté, ingénierie, sécurité…Emilia aime travailler avec des équipes et sur des projets pluridisciplinaires… Et surtout, elle ne se lasse pas de descendre au Laboratoire souterrain, dont la dimension de plus en plus industrielle ne cesse de l’impressionner. « À 42 ans, grâce à l’Andra, j’ai l’impression d’avoir eu trois vies professionnelles au service d’un projet hors norme. Et j’apprends tous les jours quelque chose. »

 

 

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