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La géographie au cœur du partenariat entre l’Andra et l’IGN

Le 28 janvier 2019, l’Andra et l’Institut national de l’information géographique et forestière, IGN, ont signé un accord de partenariat scientifique pour cinq ans. Il va se décliner en différents projets liés à la surveillance et à la représentation 3D d’installations de l’Agence ainsi qu’à la compréhension et la représentation globale de l’environnement dans le cadre de l’Observatoire pérenne de l’environnement (OPE) en Meuse/Haute-Marne. En point d’orgue, la réalisation d’une visite virtuelle du Laboratoire souterrain de l’Andra. Revue de détail.

Même si c’est la première fois que l’IGN et l’Andra signent une convention de coopération, les deux établissements publics se connaissent depuis longtemps. « Nous utilisons régulièrement les données géographiques de l’IGN », rappelle Emilia Huret, géologue et cheffe de service à la direction de la recherche et développement. Dans la lignée de ceux déjà menés par l’Andra avec divers organismes scientifiques dans le cadre de sa stratégie de recherche et développement (R&D), ce partenariat associera les meilleurs experts afin de faire avancer les connaissances, au bénéfice des deux établissements. Et les enjeux sont importants, tant pour l’Andra que pour l’IGN.

 

Modélisation 3D des égouts de Paris - ©IGN

Modélisation en 3D du Laboratoire souterrain

L’un des premiers chantiers de la collaboration entre l’Andra et l’IGN sera la modélisation complète et détaillée du Laboratoire souterrain de recherche de l’Agence en Meuse/Haute-Marne. Une modélisation qui ne se contentera pas d'offrir une vue en immersion des deux kilomètres de galeries. Elle sera essentielle pour les scientifiques de l’Andra, qui l’utiliseront pour se former, suivre les expérimentations en cours en visualisant directement les dernières mesures, ou planifier des interventions.

Pour l’IGN, qui utilise déjà ce genre de technologie pour modéliser les égouts de Paris par exemple, il s’agira de faire évoluer ses outils de modélisation qui devront notamment pouvoir communiquer avec les logiciels métier de l’Andra.

 

Cartographie détaillée de l’Observatoire pérenne de l’environnement

Grâce à ses archives de photographies aériennes et de cartes anciennes, l’IGN reconstituera l’évolution du paysage dans le périmètre de l’Observatoire pérenne de l’environnement (OPE) de l’Andra depuis le XIXe siècle. L’objectif est de produire une cartographie très détaillée de ses caractéristiques actuelles et des types de végétation. L’occasion pour l’IGN de tester de nouvelles techniques d’inventaire et d’imagerie afin d’analyser les changements du territoire, à l’aide de photographies aériennes et d’images satellitaires.

Ce regard en arrière est avant tout un regard vers le futur. Il permettra de garder en mémoire et de suivre l’évolution de l’environnement et de la biodiversité locale, à une échelle de temps comparable à la période d’exploitation (de l’ordre de 100 ans) de Cigéo, le projet de stockage géologique profond de déchets radioactifs. Ce sera une formidable source d’informations sur le territoire pour comprendre, au cours du temps, les fonctions remplies par les milieux naturels en matière, par exemple, de circulation des animaux, de production forestière ou de préservation de la biodiversité.

 

Couverture du CSM

Surveillance et suivi d’installations de stockage

D’autres études porteront sur la surveillance de la couverture du Centre de stockage de la Manche (CSM). En effet, depuis sa mise en place au-dessus des ouvrages de stockage dans les années 1990, l’Andra observe, grâce au suivi topographique mis en place, de légers glissements ou tassements sur cette couverture. Grâce aux images et données complémentaires acquises dans le cadre du partenariat avec l’IGN par des drones équipés de puces GPS, la surveillance sera plus détaillée et précise, et permettra de mieux anticiper et préparer d’éventuelles futures opérations de stabilisation.

La coopération portera également sur le suivi des déformations de la roche et des ouvrages souterrains : galeries, puits, alvéoles tests de stockage de déchets… du Laboratoire souterrain de Meuse/Haute-Marne.

Visite de l'IGN au Laboratoire souterrain de l'Andra

 « Même très détaillées, les mesures effectuées par nos capteurs ou par les géomètres que nous faisons régulièrement intervenir restent ponctuelles, explique Emilia Huret. Grâce à l’IGN, des techniques complémentaires vont être testées, nous offrant une vision continue des déformations. » Plus rapides à déployer, moins invasives, ces nouvelles techniques de surveillance vont enrichir les modèles numériques de comportement des galeries sur le long terme.

« C’est une très belle occasion de mettre nos compétences au service des politiques publiques et de collaborer avec des équipes techniquement très compétentes. Je suis sûr que les échanges seront très fructueux », s’est réjoui Daniel Bursaux, directeur général de l’IGN lors de la signature de l’accord de partenariat, le 28 janvier dernier, au Centre de l’Andra en Meuse/Haute-Marne. 

 

 

 

 

De la photo à la visite virtuelle du Laboratoire souterrain : comment ça marche ?

Pour permettre une visite virtuelle du Laboratoire souterrain, l’IGN a besoin de mesurer l’ensemble des distances afin de constituer un modèle en trois dimensions. Elle utilise pour cela un système de scanner laser. Il lui faut également photographier les galeries sous tous les angles. Mais ici, pas question d’utiliser une voiture bardée de capteurs, comme le fait Google pour StreetView. C’est équipé d’un sac à dos muni de quatre caméras et d’un scanneur laser qu’un ingénieur de l’IGN va parcourir le Laboratoire. Chaque élément visible sera ainsi photographié et chaque photo sera « plaquée » sur le modèle tridimensionnel. Chemins de câble, capteurs, boulons… tous les détails des galeries souterraines seront visibles.

Restera ensuite à intégrer ces données dans un logiciel. C’est là qu’entre en scène iTowns, une plateforme open source développée par l’IGN et un collectif d’entreprises, qui sert déjà de base à la partie 3D du Géoportail (le portail national qui rassemble des données géographiques et qui est mis en œuvre par l’IGN) . Grâce à iTowns, il sera possible de découvrir le Laboratoire « comme si on y était », cliquer sur une expérimentation pour en savoir plus tandis que les scientifiques et ingénieurs pourront annoter, associer d’autres informations aux éléments visibles et effectuer des mesures de grande précision.

 

 

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