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Liaison intersites de Cigéo: bilan et conclusions de la concertation

Comment circuler entre les différents sites du projet Cigéo ? Quelles options techniques de liaison envisager ? Initiée en décembre 2016, la concertation sur la « liaison intersites » de Cigéo s’est conclue par une visite, in situ, le 22 novembre 2018. Échanges et ateliers de travail ont abouti à une solution coconstruite avec les élus et les agriculteurs des communes concernées. Bilan de la démarche et témoignage de Xavier Levet, maire de Mandres- en-Barrois.

Dans le cadre d’un projet de l’ampleur de Cigéo, des aménagements importants en termes d’infrastructure de transport (routier et ferroviaire) sont nécessaires sur le site et à sa périphérie. Une liaison dite « intersites » doit notamment permettre de relier les différentes installations de surface (zones puits et descenderie*) du futur centre de stockage, pour assurer le transport des matériaux de construction et des roches excavées. Cette infrastructure, dont l’Andra serait maître d’ouvrage, a fait l’objet d’un dispositif de concertation dédié. Objectif : « élaborer collectivement une solution technique qui réponde aux besoins du projet et aux attentes du territoire », explique le responsable des aménagements hors-site de l’Andra, Frédéric L’Honneur.

Des options techniques soumises à discussion

Cinq rendez-vous ont eu lieu entre décembre 2016 et novembre 2018. Après deux réunions d’information auprès des maires et une série de rencontres avec les agriculteurs, un premier atelier a rassemblé, en mars 2017, les maires et conseillers municipaux des cinq communes riveraines du projet de liaison intersites : Bure, Échenay, Gillaumé, Mandres-en-Barrois et Saudron. « L’Andra avait identifié trois solutions techniques potentielles pour la liaison, une piste routière exclusivement dédiée à la circulation des engins de chantier, une bande transporteuse semi-enterrée et une bande transporteuse aérienne toutes deux agrémentées d’une piste en support », détaille Frédéric L’Honneur. L’occasion pour les participants de donner leur avis et d’exprimer leurs souhaits et leurs interrogations sur chacune des solutions proposées.

Un choix partagé

« La première option a soulevé des inquiétudes en matière de nuisances sonores, de pollutions, de risques liés au trafic élevé de camions, et de conséquences sur l’activité agricole et la faune. Quant à la bande transporteuse aérienne, elle aurait impacté le paysage du fait de sa hauteur importante », rapporte Frédéric L’Honneur. À l’issue des débats et de travaux en groupe, c’est l’option de la bande transporteuse semi-enterrée (5 km sur 19 mètres de large) qui s’est avérée présenter les meilleurs atouts pour le territoire, notamment en termes d’impact sur les terres et l’activité agricole, de poussières générées et d’insertion dans le paysage. Elle sera complétée par une liaison routière dédiée à la maintenance et au transport de matériaux non convoyables (voussoirs, véhicules de chantier, acier…).

Une visite in situ

Le 13 juin 2018, une dernière réunion était consacrée au tracé de la liaison et à ses interconnexions avec les chemins et routes actuels. « Les participants ont eu le choix du mode d’intersection de la D 132 et du chemin de Bure à Bonnet. Il s’agissait soit de créer un rond-point entre toutes les voies - liaison intersites, voie privative, voie publique et voies existantes -, soit de faire passer la voie privative sous les axes existants. C’est cette 2e solution qui a été retenue (notre illustration) ».

Enfin, le 22 novembre, un dernier échange suivi d’une visite sur le terrain a offert la possibilité aux uns et aux autres de mieux visualiser les emprises impactées par le projet et de valider les options techniques élaborées au fur et à mesure des réunions. Cette démarche de concertation a permis à l’Andra de proposer une méthodologie au territoire, qui aura vocation à s’appliquer demain à d’autres sujets comme les impacts environnementaux ou les chantiers liés au projet Cigéo.

* dédiée à la réception, au contrôle et à la préparation des colis de déchets radioactifs à stocker.

Deux questions à Xavier Levet, maire de Mandres-en-Barrois (55)

Qu’est-il sorti de la concertation ? Avez-vous obtenu les résultats que vous attendiez ?

X. Levet: Tout à fait. En plus de l’éloignement de la liaison que nous souhaitions pour éviter les nuisances sonores, la construction d’une route supplémentaire pour les camions de chantier va permettre à tous nos utilisateurs, notamment les agriculteurs qui sont très nombreux entre Bure et Mandres, de continuer à rouler sur la D132 sans croiser de camions. Du point de vue de la sécurité, cet aménagement nous paraissait très important. L’autre résultat obtenu, c’est la compensation pour nos exploitants de nouvelles parcelles en échanges de celles qui seront traversées par la liaison intersites. Nous avons également obtenu un accès à la forêt du Bois de la Caisse avec un pont pour y accéder par Mandres.

Comment avez-vous accueilli cette démarche de concertation ?

X. Levet: De manière positive. Je me suis beaucoup investi dans cette concertation, en plus de mon travail d’agriculteur. Je travaille avec l’Andra avant tout pour la défense des intérêts des habitants des communes concernées. La concertation s’est faite en bonne intelligence et toutes nos doléances ont été écoutées. Je crois au projet Cigéo, mais je ne dis pas amen à tout.

Présentation bilan et conclusions liaison intersites (PDF 1.22 Mo)
Liaison intersites: une visite sur le terrain pour clore la concertation
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