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« Un récit et des images pour traverser le temps » : Juliette Nier entre en résidence artistique au Signe

De quelle manière informer les générations futures de la présence des centres de stockage et de la dangerosité des déchets radioactifs sur de longues périodes de temps? Deux ans après Charles Gautier et Sébastien Noguera qui ont réfléchi à une signalétique à long terme, une nouvelle résidence artistique « Prospectives graphiques » a démarré au Signe, à Chaumont, en mars 2022: la designer graphique Juliette Nier y explore pendant 5 mois les outils graphiques pour mettre en place un parcours d’apprentissage et expliquer la présence de déchets radioactifs. Rencontre.

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qu’est le design graphique?

Je suis designer graphique indépendante depuis trois ans et demi, après un diplôme des Arts décoratifs de Paris. J’y avais fait un projet d’études sur les récits oraux et la façon de les illustrer, de les faire vivre, avec des images et des objets manipulés. Être designer graphique, c’est aussi ça, réfléchir à des outils visuels et à leurs usages. Dans le cadre de cette résidence artistique, j’aurai 5 mois pour poursuivre dans cette voie, en réfléchissant à la façon de « raconter » Cigéo avec des techniques visuelles.

Vous connaissez bien la problématique des déchets radioactifs ?

Non, j’en sais autant que le grand public qui en a entendu parler mais n’a pas eu l’occasion de réfléchir précisément aux enjeux. Mais je connaissais Cigéo pour avoir été en résidence à Rachecourt, en Haute-Marne, avec une classe de primaire. J’ai postulé à cette résidence parce que le sujet de recherche proposé par le Signe et l’Andra correspond à ce qui m’intéresse: utiliser des techniques visuelles pour raconter le monde. Le projet Cigéo notamment pose la question de la transmission d’un message sur des milliers d’années, défi passionnant pour un designer graphique.

Il y a tout de même là une dimension très scientifique…

Oui, et il a fallu que je m’en imprègne au départ car c’est un sujet nouveau pour moi, et très technique. Le défi est de réussir à transmettre au-delà de la science et de la technique, un récit de Cigéo, une sorte de « mythologie » sur laquelle bâtir ensuite des représentations graphiques, des signes, des images… compréhensibles par les générations futures.

Comment travaillez-vous durant ces 5 mois ?

J’ai commencé par rédiger un court récit qui expose pourquoi on envisage de stocker ces déchets en profondeur, mais aussi comment et pourquoi ils ont été produits en tout premier lieu. Depuis, je travaille à une mise en images de ce récit, de cette trame, sur le même principe que ce que j’ai déjà pu faire avant, mais en créant ici des images qui se comprennent sans récit oral. Quoique le propre d’une mythologie soit justement d’allier récit et images pour traverser le temps! À suivre…

Infos pratiques

Centre national du graphisme
1 place Émile Goguenheim
52000 Chaumont

Construire la mémoire de Cigéo : pourquoi et comment ?
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